Front de Libération Vicois: Si vous l’aimez, alors…

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Si vous l’aimez, alors…
Dans une semaine, c’est Pentecôtavic.
Vous savez? Vous vous souvenez ? Nous oui.

Pour le défendre, il a fallu dompter des toros, se lever la nuit, coucher des mots, placarder des platanes, s’unir, se réunir, manifester, photographier, se déguiser, défiler… à dos de cheval, en petite moto, en faux bateau. Nous étions des marins de fortune, et des gavroches d’eau douce. Il fallait y croire. Tout du moins, faire semblant...

La Front de Libération Vicois défendit Pentecôtavic pour ce qu’il avait de plus beau, et de moins mercantile : la fête. La vraie. Celle qui rend heureux, celle qui rassemble, tout simplement. Nous l’avons défendu, avec les attributs qui la rendaient si belle et singulière, et qui nous, nous rendaient amoureux : la musique, l’humour, le décalage, la différence…

Un jour, l’espoir est parti. Le commando fut prit, touché au cœur. Nous étions morts, car résignés… alors, nous avons laissé filer ce « week-end un peu spécial » s’empêtrer dans des débats moins doux et des discussions de bout de gras, que nous nous passerons bien de commenter.

Aujourd’hui, 457 fois dans la semaine, les mecs d’Eauze, de Toulouse, de Paris nous demandent :
- « Alors, il se passe quoi cette année à Vic ?! On vient ou pas ? »
Et rajoutent :
- « Pffff, ça fait chier, c’était bien quand même… je crois même que c’était ma préférée ! »
Avant de sortir une Nième théorie de comptoir, sur une polémique que chacun pense maitriser…

Nous, même nous, nous ne savons pas exactement.
Néanmoins, la banderole rouge et ocre est bien là. Elle est fixée entre ces deux platanes, mettant en garde : « Toros en Vic ! ». Les cafetiers eux, sortent leurs attirails d’extensions éphémères, et montent doucement en pression, priant pour que nombreux en descendent. On ne comprend pas bien, mais certains enseignes associatives, que l’on croyait condamnées, respirent encore, et survivront, en cachette ou en public.
Bref, s’il faut vous répondre, alors :
- « Oui, il se passera quelque chose ! »

Ce « quelque chose », ne me verra surement pas pavaner aux 7 Péchés, défiler à Vicalarue, aimer les bulles de la Querencia, sauter chez Jules, danser chez Berthe, draguer chez les Filles, ou bronzer au Ski…

Ce « quelque chose » manquera un peu de charme, car cette chose aura déjà été plus belle. Mais ayant adoré ce qu’elle fut, il serait tout de même ingrat de l’abandonner dès qu’elle se fane.

Alors, vous, oui vous là, vous qui dites l’aimer, et bien… « VENEZ !!! ». Venez voir un peu…
Oui, venez, ne serais-ce que pour l’embellir un peu, ce « quelque chose », le rendre un peu moins triste, l’accompagner, le garnir, le construire, l’élever en somme !

Alors « venez ! », mais attention, ne venez pas n’importe comment…

« Venez » en condamnant les comportements qui l’ont meurtri, et les dérives qui l’ont mis à mal. Venez, et respectez l’habitant, les lieux, la ville et l’esprit.

Oui, « Venez ! » en portant très fort ce qui l’a rendu unique, typique, mythique. « Venez », avec le sourire, avec des instruments, avec des souvenirs. Venez, en pensant que le rouge et blanc n’est vraiment pas obligatoire, venez à la Vicoise, venez différents ! Entre amis, en musique, en fanfare, en afficion, en animal de scène, en dansant, en danseuse, en super-héros, en cycliste, en catcheur, en gymnaste, en pyjama, en marcel, en fille, en garçon, barbu, tondu, tout nu, tout beau, tout chaud… ou, mieux, en clin d’œil à l’Histoire, et tout en nostalgie : venez, venez en Marinière !

Le FLV, qui vous salue bien bas…

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Y a pas de MIRACLES - La Gazette Vicoise


WIKIPEDIA:

Une feria est une fête locale annuelle, en Espagne et dans le sud de la France, caractérisée par des corridas, des lâchers de taureaux dans les rues, des bodegas (bars en plein air ou en caves avec musiques festives) et des bandas. Le mot festayre (du gascon hestaire) désigne les fêtards des ferias.

La Feria de la Pentecôte, Pentecotavic, a lieu chaque année traditionnellement le week-end de la Pentecôte, profitant ainsi de son lundi férié jusqu'en 2004. Cet événement est relativement notoire en France car en parallèle des traditionnelles corridas se déroulant dans les arènes du village, la feria de Vic-Fezensac est connue pour son festival de fanfares.

C'est le rendez-vous des fanfares de France, pour une joute musicale de deux jours ayant pour point d'orgue le défilé du dimanche après-midi. La ville est membre du l'Union des villes taurines françaises.(Wikipedia)

La Feria, tant vénérée, avait, à coté du Cirque ou le rite du sacrifice des taureaux est toujours perpétué, son temple musical.

Les écrits retrouvés, parlent d'une Maison ouverte couleur bleu pastel. Ce Temple était tenu par des organisateurs Musiciens Notables de la Bourgade.


Ces notables ne dépendaient pas du Pouvoir en place.


C'en était trop pour le Gouverneur Ponce Pilate nommé une nouvelle fois par ROMA, au mois de MARS 2008, accompagné de Judas le Cazellotte et les Servantes aigries du Conseil suprême.

Ils décidèrent de juger pour blasphème "la fête païenne qui se déroule 50 Jours après Paques, 10 Jours après l'ascension " et qui se proclamait "Reine des féria".

"Ponce Pilate, qui dispose seul du droit de vie et de mort en ce pays ne croit pas à la culpabilité des "Festayres".


Après avoir exclu les tenanciers du Temple Bleu tels les BOURGEOIS décalés.


Il proposera aux autochtones de choisir entre la condamnation à mort "de ces festivités" et celle d'affamer la Bourgade par le prélèvement d'un impôt. 

La tradition voulait que le procurateur accorde sa clémence à l'une ou l'autre alternative lors des fêtes de Pâques.

La foule demandera que l'on ne prélève pas l'impôt et que l'on crucifie "la fête".

Le Chemin de croix commença alors.

Comme Hérode quelques années plus tôt il extermina les nouveaux nés, ces jeunes du pays, prêts à tout pour préserver les traditions. Il les fit trainer au tribunal du peuple, par ses Servantes, pour injures, les pécheresses ne pardonnent pas ...

Les papyrus dépêchés ont rapporté ces anecdotes.

Seuls les jeux du Cirque seront préservés, PILATE ne voulait pas s'attirer la foudre des dieux en suprimant le sacrifice des taureaux.

Face à la foule des Festayres en colère, Ponce Pilate se lavera les mains et dira : "Je ne suis pas responsable de ce sang ; à vous de voir". (Evangile selon St Mathieu, la fête patronale Vicoise en porte le nom, 3eme Dimanche de Septembre)

La fête païenne sera crucifiée.

Elle ressuscitera c'est sûr.

Traduction approximative du nouveau testament,

Si ces décisions pouvaient conduire à la transformation de l'eau en vin ...

et non pas à la multiplication des pains ......

Gazettement votre,

La Gazette Vicoise

Posté par Gazette Vicoise à 09:02 -

Pentecôtavic (32) : « Rendre la fête moins attractive » - SudOuest.fr

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Pour cette édition 2012, Vic-Fezensac espère un maximum de 15 000 festayres contre 70 000 l'an passé.

> Lire l'article sur sudouest.fr

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Vic-Fezensac : Pentecôtavic 2012 n'est pas encore enterrée - SudOuest.fr

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Michel Espié, porte-parole du collectif, assure vouloir trouver des solutions avec le maire.

Un collectif mêlant les commerçants vicois et plus de trente associations culturelles et sportives de la ville demande une rencontre au maire pour parler d'avenir.

Filed under  //   article presse  

Programme de la prochaine Pentecotavic

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Revue de presse web

Samedi dernier sur Sud-ouest.fr : "Le Front de Libération Vicois frappe encore"

FLV : Front de Libération Vicois

Un front pour le maintien de Pentecotavic a vu le jour le 23 septembre 2011, soit 3 jours après le vote du conseil municipal de Vic-Fezensac pour 2 ans de suppression de la féria. Né au village, le FLV réalise ces actions sur la commune. Une pétition locale "papier" est lancée sur place. Elle est disponible dans certains commerces locaux. En quelques jours le FLV a déjà quelques jolis coups d'éclats à son actif : blog du Front de Libération Vicois.

Restez informés sur l'avenir de Pentecotavic

Pour vous tenir informés vous pouvez suivre :

Et maintenant ? Ne rien lâcher : mobilisons nous pour la survie de la féria !

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Les festayres vaincront ! (photo : sur Beouetsavic.fr)

Vous êtes nombreux à vous dire "qu'est ce qu'on fait maintenant ?" que la mairie de Vic-Fezensac a voté la suspension de la féria ? Sachez que Vic-Fezensac n'est pas la seule festivité à tomber (il y a eu "La Nuit des Peñas" qui en a fait les frais à Auch) et d'autres férias sont également menacées.

Ne vous y trompez pas. C'est la culture festayre et celle du Sud-Ouest qui est menacée d'extinction. A titre personnel je dirai même que c'est notre civilisation qui est menacée, quand on sait que la culture festive est un fondement culturel depuis la naissance de l'humanité.

La première réaction à chaud de beaucoup d'entre vous est : "On ira quand même à Vic en 2012". C'est un calcul dangereux. Comme le dit mon complice beouetmaster Goomi, "la résistance forcenée serait très malvenue". Nous, les 2 fondateurs des Béouètsavic, avons la même position là dessus. Nous pensons que cela désservira la cause de Pentecotavic.

C'est par une action organisée et médiatisée que nous sauverons Pentecotavic. En se rassemblant autour de notre intérêt commun, qui est la survie de la féria : les festayres, les associations, les fanfares et bandas, les commercants notamment. Il faudra être prudent, et se méfier des anti-corridas qui ont récupéré le débat sur la fête pour s'attaquer à la corrida, qui est une autre débat. Mais il faudra bien garder en tête également qu'il y a un lien d'existence entre la fête et la corrida à Vic-Fezensac : les deux sont intimement liés.

Eviter les clivages ou les raccourcis idiots. Exemple : ce ne sont pas les festayres venus de loin (voir la photo à la fin de ce billet) ou les petits jeunes festayres irrespectueux qui ont foutu en l'air la Féria : c'est une belle connerie de mettre tout le monde dans le même panier. Retenez bien que se sont 2 gersois issus de vieilles familles gersoises (dont un né à Vic) qui écrivent cela, et qui vont à Pentecotavic depuis plus de 20 ans.

Quelle mobilisation ?

Le média le plus utilisé, depuis le début de la mobilisation est le réseau social Facebook.

Nous pensons que la meilleure façon de se mobiliser pour l'instant, est :

Nous vous tiendrons au courant sur ce blog (et simultanément sur notre page Facebook) de l'évolution de la mobilisation et de comment vous pouvez y participer.

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Des festayres respectables, qui viennent de loin (des tourangeaux) et qui aiment leur feria de Vic (photo : sur Beouetsavic.fr)

Réagissez : vous pouvez poster vos commentaires sur le blog :  > Laisser un commentaire

Deux ans sans fête. Le conseil municipal a tranché hier soir

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Le Conseil municipal de Vic-Fezensac a décidé hier que la fête 2012 et 2013 n'aurait pas lieu. Ne désespérez pas, la bataille ne fait que commencer. Suivez nous sur le présent blog, Facebook ou Twitter pour rester informé sur la mobilisation des partisans de #Pentecotavic

Voir l'article du sudouest.fr

Réagissez : vous pouvez poster vos commentaires ci-dessous.

Pétition Facebook pour la survie de Pentecotavic + revue de presse

Signez la pétition Facebook

Mardi prochain 20 septembre le conseil municipal de Vic se rassemblera.
La suspension de la féria sera certainement votée, pour les 2 prochaines années.
Si vous tenez à Pentecotavic, il faut mettre un maximum de pression dés aujourd'hui.
Dans la presse on peut lire que la municipalité sera attentive aux réactions sur les réseaux sociaux.

Une pétition Facebook a vu le jour, à l'initiative de vicois que nous connaissons.
C'est sûrement cette pétition qui sera la plus percutante et la plus suivie.
En moins de 2 jours, il y a déjà plus de 4000 signataires.

L'adresse de la pétition : http://www.facebook.com/pages/PETITION-POUR-LA-SURVIE-DE-PENTECOTE-A-VIC/270337322995794
- Pour la signer la pétition : cliquez sur "J'aime", puis publiez simplement sur le mur un message contenant votre nom et prénom
- Relayer l'information auprès de vos amis en publiant ce lien sur votre mur Facebook ou en transférant par email. Il faut exploser le compteur !!

Revue de presse

Le Sud-Ouest et la Dépeche du Midi

De nombreux articles dans le Sud-Ouest : http://www.sudouest.fr/culture/pentecotavic/
Parmi ces articles du Sud-Ouest, celui "Le non des Gersois à Pentecôtavic" a suscité de nombreux commentaires. On y voit clairement que les anti-corridas ont récupéré le débat sur la fête, qui n'a rien à voir, pour le déplacer vers leur cause et profiter de l'aubaine pour mettre à mort Pentecotavic. Voir également cet article : "Une feria sans fête ?".
Sur la Dépèche du midi quelques articles également, notamment : "Pentecôtavic : les amoureux de la fête y croient encore"

Un beau billet de blog à ne pas rater

A lire absolument, une trés belle chronique, par Jean-François Cros : "La mort avant la mort "

Amitiés festayres,

Suppression de Pentecotavic ? C'est la faute à Colbert!

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Afficher Sud-Ouest et Pyrénées de Titou sur une carte plus grande

Après l'excellent billet de mon complice Goomi, à mon tour d'ouvrir ma gueule. Je vais donc parler moi aussi de la mort annoncée de la féria de Pentecôte à Vic, qui fait l'actualité dans le Gers, et même au niveau national, grâce à Pernaut. Je parle de Jean-Pierre (le mec à la télé qui présente à 13h00 un genre de chronique rurale), pas de la boisson alcoolisée et anisée, puisqu'on parle de féria. Mais je vous préviens : je vais partir de loin pour arriver au cœur de mon sujet (comme d'hab' certains me diront).

La France détient 2 records absolus en Europe : c'est le pays le plus centralisé (entendez : tout se passe à Paris) et celui où la consommation de neuroleptiques est de très loin la plus élevée. Bref, un pays de malades mentaux qui sont obligés de se déraciner pour aller travailler à la capitale. Peut-être reviendront-ils un jour au pays pour y finir leur jour au moment de leur retraite s'ils ne sont pas mort d'un cancer avant leur retraite. Certains resterons à Paris, on s'habitue à tout, dit-on.

Il y en a bien quelques uns qui ont réussi à rester au pays, fonctionnaires ou même dans le privé. Il ne faut pas se tromper de secteur économique. Au milieu des déserts ruraux il y a bien quelques villes qui arrivent à survivre avec un peu plus que les aides et allocations de l'état et ses dirigeants clientélistes face à des citoyens jamais contents qui croient que tout leur est du. Un confrère ergonome avisé avait une belle phrase : "si tu veux vivre à Toulouse, il faut fabriquer des avions ou des sandwichs". Pas con ça. Quand tu as été étudiant à Toulouse, tu sais que nous sommes nombreux et fauchés, donc bouffeurs de sandwichs. Quant à Airbus, la "locomotive économique" de la région, je ne vous fait pas un dessin.

Vous l'aurez compris, je fais partie de ceux qui ont du se barrer à Pantruche pour pouvoir crouter, loin de leurs familles, leurs potes et leurs racines. Ces racines fondent de manière inaltérable une bonne partie de ma propre identité. A 42 ans, je n'ai jamais perdu mon accent gascon et je ne le perdrais jamais, sans même le vouloir. Cet accent est lui même la seule survivance de la langue gasconne que mes grands pères parlaient couramment. Ce patois était interdit à l'école républicaine dont une des missions était de franciser ces campagnes profondes, à grands coup de règle en fer sur le bout des doigts (c'est véridique) pour les plus récalcitrants qui avaient le malheur de parler cette langue de sauvages.

Ne vous inquiétez pas. Je ne vais pas tomber dans des délires régionalistes archaïques, ce n'est pas mon genre. Et de plus, en parlant du Gers, ce serait une belle connerie. Ces vallées vivent des brassages de population depuis toujours, et c'est sûrement ce qui fait leurs richesses (aujourd'hui on ne brasse plus, on se replie sur soi ou on se communautarise. Elle est belle notre modernité...). Je pense souvent à cette belle phrase du philosophe gascon Michel Serres : « L'apprentissage, c'est le métissage ».

Récemment, au siècle dernier, la première grande boucherie mondiale de 14-18 a dépeuplé nos campagnes de ses hommes, et il a fallu faire venir des bras. Dans le contexte de pauvreté, en Pologne, au Portugal, et la montée des fascismes en Espagne et en Italie, beaucoup sont venus dans le Gers. La majorité de mes amis d'enfance ont des noms espagnols, polonais, portugais ou italiens, qu'ils ont hérité de leur grand père. Et tous ont l'accent gascon, ont taquiné plus de ballons ovales que de ronds, génocider du canard gras en magret, en confit ou en foie gras, vous sortent l'Armagnac ou la prune après le diner, et se sont encanaillés dans les férias.

La féria, ce fort débordement culturel au dessus des Pyrénées, venue de la voisine Espagne ("Est-ce l'Espagne en toi qui pousse un peu sa corne" chantait Nougaro). Les arènes de Vic-Fezensac, les plus anciennes en béton de France, en est une illustration de poids. Oublions les taureaux, on s'en fout, du pour et du contre de la corrida (en tout cas, moi, j'en ai rien à foutre), ce n'est pas le débat. Dans les commentaires sur l'article du Sud-Ouest d'aujourd'hui, on voit bien que tout le monde mélange tout. Ce n'est pas la corrida qui est remise en question, mais la féria. Revenons au sens premier. La féria c'est la fête (et c'est même 'L'excès pour l'équilibre", j'ai écrit un gros dossier là-dessus il y a longtemps...). Les puristes vous diront que c'est la faute aux hordes des nouvelles générations formatées aux grosses férias de Dax et de Bayonne qui foutent en l'air Pentecotavic. Il y a ceux qui vont se lancer dans des analyses sociologiques surannées qui ont un avis sur tout sans avoir foutu les pieds dans une féria (très français, ça...), ceux qui vous diront que les plus ardents défenseurs de Pentecotavic le sont pour des raisons économiques (les commerçants), ou alors que la cause c'est la folie de plus en plus sécuritaire de notre civilisation, ou le clientélisme des élus, et j'en passe... Enfin, pour finir, certains vous diront que c'est la faute aux Vicois eux-mêmes majoritairement retraités.

J'aimerai vous y voir, vous, si vous habitiez dans une petite bourgade de 3500 habitants endormie toute l'année et que vous vous retrouviez envahis pendant un week-end par des dizaines de milliers de béouèts. Bon, il y en a qui le gère très bien, qui louent leur maison et s'en vont, etc. Pas si endormie que ça toute l'année, Vic-Fezensac : l'été il y aussi le festival Tempo Latino, le plus grand festival de musique cubaine d'Europe, festival qui n'a pu voir le jour notamment grâce au pognon généré par la féria, il faudrait le rappeler. Alors, c'est la faute aux vieux ? Autrefois je disais à mon dernier grand père vivant (à presque 90 ans) que dans des villages peuplés à 70% de retraité, dans un pays de suffrage universel, les villages gersois étaient devenus des gérontocraties totalitaires. Cela faisait beaucoup rire mon papi Jean. Mais non, ce n'est pas la faute de nos ainés. C'est la faute à Colbert.

Dans notre pays dont le centralisme est un héritage du colbertisme, le fossé entre les villes et la campagne déjà marqué par des décennies d'exode rural s'est encore accentué avec l'avènement de notre civilisation de méga(lo)poles et de changements culturels et spirituels radicaux. S'y rajoute le choc des générations, alors que l'allongement de la vie prend des proportions jamais atteintes depuis le début de l'histoire de l'humanité. Tout cela ne nous amène hélas qu'à des clivages et des divisions de plus en plus marquées, des déséquilibres démographiques et culturels.

Je pousse certainement mon délire un peu trop loin, car il est déformé par mes propres sentiments. C'est sans doute parce que la suppression de la féria de Pentecôte à Vic marque quelque chose de l'ordre de la rupture du dernier lien qu'il me restait avec ma culture gasconne. Autrefois, j'allais à Pampelune, Bayonne, Dax, les 2 fêtes de mon village de Mauvezin, je faisais le con sur la Place Saint Pierre à Toulouse (j'y ai même été portier...), je jouais au rugby, j'allais supporter mon frère rugbyman, etc. Petit à petit, avec le temps, l'éloignement, le travail, liés à la vie moderne, j'ai déserté tout cela ou certains rendez-vous ont disparu pour diverses raisons (je pense à l'association des Pénibles de Mauvezin). Finalement, il ne me restait plus que Pentecotavic, mon rituel annuel où je retrouve mes potes, ma famille, l'âme de ma région, et cela depuis 25 ans. J'avais déjà frémis, il y a quelques années, à l'époque de la suppression du lundi férié de Pentecôte, qui a inspiré ce génialissime billet de ma tatie Isabelle sous le pseudonyme de Vicomtesse d'Armagnac (allez, tatie, un autre billet comme ça et tu nous sauves encore la féria...).

Mais maintenant je me sens triste, abattu et blessé, car je dois l'écrire, cette suppression supposée de Pentecotavic m'a touché en plein cœur.

Réveil difficile d'un gersois né à Vic, après 20 sélections à Pentecotavic

Il est des matins difficiles. Non pas a cause des excès du week-end (relativement raisonnable) mais bien a cause du radio-reveil qui m'eveilla par, sur une radio nationale, une brêve assommante: les électeurs vicois ont bien decidés, a une courte majorité, d'ajourner les ferias de Pentecote. Certes, il ne s'agit que d'un sondage, mais qui pesera lourd dans la decision du conseil municipal, largement influencé par la volonté du Maire.

On ne me taxera pas de "Beouets du Dimanche": je suis né a Vic-Fenzensac, ai fait ma premiere féria a l'age de 17 ans, et depuis, n'ai raté que trois ou quatre fois l'evenement, soit pres de 20 selections. Cela en fait des mètres (de cotes, de ruelles odorantes, de saucisses de canards, de ricards). Je me sens donc en droit d'en causer, surtout depuis que le site "Beouets A Vic"! nous oblige a suivre la Feria sur tous ses fronts (ou presque, il y a peu de Taurochomaniaques parmis la Suzanne's house Team).

Il n'etait pas difficile de deviner l'issu de la confrontation (et encore, je croyais en des resultats plus marqués), au vu des populations vieillissantes du Gers (ou je ne reside pas) et du manque d'encadrement materiel d'une telle manifestation, lieu de tous les excès et debordements.

La doctrine du NYMBY (Not In My Back Yard) est une valeur sure dans une europe frileuse, et qui peut s'averer un rempart contre la destruction de l'environnement par le stockage de dechets nucleaires, l'exploitation du Gaz de Schiste mais aussi par les champs d'Eoliennes (bouh!) et surtout par les festayres devastateurs (BOUH!) qui boivent le ricards au cul de leurs 205 avant de venir pisser dans les jardinets vicois, les immondes ordures ! Je n'ai pas a nettoyer de pas de porte (maintenant - ou plutot les dernieres années - nous pratiquions la location in situ) et ne vais pas jeter la pierre aux gens directements concernés (et qui se sente litteralement "con-cernés" lors des ferias).

Mais la perte d'un lieu aussi festif, populaire, relativement accessible financierement (et oui, gràce au cul de la 205, l'etudiant qui claque tout son fric en loyer peut aussi s'amuser) et surtout chargé de souvenirs - qui a dit la rencontre de ma future épouse? - pour toute une joyeuse equipe qui ira s'encanailler ailleur, laissant la ville au public tellement plus chic des corridas, qui pourra enfin garer sa BM pres des arenes et n'aura plus a enjamber les ruisseaux de pipi pour aller voir la fabrication de steacks tartares en live.

Bonne mort douce et lente a Vic, dorenavant, on le traversera comme on traverse d'autres bourgades comateuses, pour s'arreter a Demu refaire le Plein.

Goomi - "Beouets Master associé"

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Galerie photo de la la Pentecôte à Vic-Fezensac dans le Gers en Gascogne. Images et commentaires des visiteurs, prix BEOUETS AWARDS et Prix Spéciaux
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